
Écrit par Romain Mazzotti
- L’affaire Patrick Bruel révèle une accélération fulgurante de la procédure judiciaire.
- Neuf femmes accusent Patrick Bruel de viols et d’agressions sexuelles.
- La rapidité de l’instruction a suscité l’indignation des avocats.
L’enquête concernant Patrick Bruel a dévoilé un luxe de moyens judiciaires rarissime provoquant une indignation professionnelle massive parmi les avocats.
Certaines procédures connaissent une accélération fulgurante lorsqu’une célébrité est impliquée, c’est le cas du dossier Patrick Bruel qui incarne désormais ce grand écart procédural qui fracture le monde de la robe noire. La machine judiciaire a mobilisé des ressources colossales en un temps record, une débauche d’énergie qui interroge sur l’égalité des citoyens face à la justice.
La procédure judiciaire est confiée à quatre juges d’instruction
L’affaire a basculé dans une dimension inédite après la mise en examen de Patrick Bruel pour des faits extrêmement graves. Le parquet de Nanterre a rapidement requis « l’ouverture d’une information judiciaire » face à la gravité des charges. Neuf femmes ont dénoncé des viols, des agressions sexuelles et des tentatives de viols. L’interprète a assuré qu’il n’y avait eu « aucune tentative de violence ou viol à aucun moment ».
Concernant une plaignante Patrick Bruel a ajouté : « Je me souviens très bien de ma venue à Bruxelles mais je ne l’ai jamais agressée ». Le juge a ordonné un contrôle judiciaire strict sans incarcération. L’avocate Jade Dousselin a salué « une vraie première victoire judiciaire pour les victimes ». Flavie Flament s’est dite « sereine et surtout satisfaite que les plaintes de toutes ces femmes soient enfin considérées ».
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La rapidité de l’information judiciaire a sidéré les praticiens. Le contraste est saisissant avec les cabinets surchargés où les dossiers prennent la poussière. Le président a expliqué que ce choix était motivé par la surcharge des cabinets et que le dossier ne pouvait pas « peser sur un ou deux cabinets parce que ça les emboliserait ».
Un confrère avait déjà fustigé le contrôle judiciaire de Patrick Bruel réclamant plutôt un bracelet électronique. Une avocate a dénoncé une opération de communication institutionnelle en lançant « C’est scandaleux ! ».
Le traitement de l’affaire Patrick Bruel donne un sentiment d’inégalité face à la justice. La bâtonnière des Hauts-de-Seine reconnaît publiquement le malaise en affirmant que l’on peut aisément « comprendre le sentiment de justice à deux vitesses ». Une fracture symbolique qui laissera des traces entre la grand-messe médiatique et le quotidien sinistré de la justice ordinaire.
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