
À l’approche de son 90e anniversaire, Woody Allen demeure une figure incontournable du septième art, continuant d’enrichir sa carrière déjà monumentale. Malgré un palmarès impressionnant comprenant des œuvres majeures telles que Manhattan, Annie Hall, Match Point, Minuit à Paris, La Rose pourpre du Caire, Vicky Cristina Barcelona et Blue Jasmine, ainsi que de multiples distinctions – dont quatre Oscars, deux Golden Globes et deux César – le réalisateur new-yorkais ne montre aucun signe de ralentissement.
À 89 ans, Woody Allen surprend encore en publiant son premier roman, intitulé Quelle mouche a piqué Baum ?, paru le 29 octobre aux éditions Stock en France. Ce nouvel ouvrage marque une étape inédite dans le parcours de l’artiste, qui, loin de songer à la retraite, s’engage dans une nouvelle aventure littéraire. L’intrigue met en scène Asher Baum, un écrivain en pleine crise existentielle, confronté à la perte de son éditeur, à l’échec de son troisième mariage, et à la montée en puissance de son beau-fils dans le monde de l’édition.
Woody Allen, littérature et cinéma : une créativité sans relâche
Le roman explore la spirale de doutes et de remises en question de Baum, notamment après une tentative d’embrasser une jeune journaliste, un geste qui menace d’être révélé publiquement. Pris dans un tourbillon de secrets et de choix moraux, le protagoniste doit décider s’il doit taire une révélation explosive ou bouleverser sa vie conjugale. Selon les éditions Stock, « Dans ce premier roman événement, Woody Allen brosse le portrait plein de verve d’un intellectuel paralysé par le vide et la futilité de la vie, sur fond d’un Manhattan plus cinématographique que jamais ».
La thématique des accusations d’agression sexuelle, abordée dans le récit, fait écho à la propre histoire du cinéaste, accusé en 1992 par sa fille adoptive Dylan Farrow, alors âgée de sept ans. Woody Allen a toujours nié ces allégations. Cette résonance entre fiction et réalité confère au roman une dimension supplémentaire, invitant à une lecture à la fois littéraire et biographique.
Travail, passion et longévité : Woody Allen se confie
À l’occasion de la sortie de son livre, Woody Allen s’est entretenu avec Paris Match depuis son appartement new-yorkais. Interrogé sur son rythme de travail à l’aube de ses 90 ans, il répond sans détour : « Sept jour sur sept. Je n’ai pas l’impression d’avoir travaillé un seul jour de ma vie. J’adore ce que je fais et je ne vois pas cela comme un travail. J’avais ressenti cela dès l’enfance, quand je m’étais rendu compte que certaines personnes étaient payées pour jouer au baseball ! Et bien j’ai réussi à faire la même chose : je suis payé pour écrire. »
Cette déclaration éclaire la philosophie de vie d’Allen, pour qui la création artistique s’apparente davantage à un plaisir qu’à une contrainte professionnelle. Il évoque ainsi une passion intacte, moteur d’une productivité exceptionnelle, même à un âge avancé.
Regrets et réflexions sur le temps qui passe
À l’approche de son anniversaire, Woody Allen confie également ses doutes et ses regrets : « Mon seul regret, c’est de ne pas avoir 30 ans le mois prochain ! [Il rit] Oui j’ai des millions de regrets, des choses que j’aurais pu faire autrement, des décisions que je n’aurais pas dû prendre. Mais sur le moment, j’ai agi de la meilleure manière possible. Puis les années vous montrent que ce n’était peut-être pas le cas… »
Cette introspection, teintée d’humour et de lucidité, révèle la complexité d’un parcours marqué par l’exigence, la remise en question et une quête constante de sens. Woody Allen interroge ainsi la possibilité d’une vie sans regrets, tout en assumant pleinement ses choix et ses erreurs passées.



