L’actrice Lola Dewaere a perdu son père alors qu’elle n’avait que deux ans et demi, avant de rompre tout lien avec sa mère

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Lola Dewaere porte un héritage familial complexe. Son père, l’acteur Patrick Dewaere, figure emblématique du cinéma français, s’est donné la mort en 1982 alors qu’elle n’avait que deux ans et demi. Cette tragédie a profondément marqué toute sa famille et ses relations. Sa mère, Elisabeth Malvina-Chalier, n’a pas su surmonter ce drame et a connu de graves problèmes de dépendance. Confiée aux grands-parents maternels, l’enfant a grandi loin des projecteurs, en Anjou.

À douze ans, Lola Dewaere a tenté de vivre auprès de sa mère. Cette femme avait décidé de changer de vie, de devenir maquilleuse au cinéma et d’offrir une existence stable à sa fille. Cependant, elle ne parvenait pas à assumer son rôle de mère. L’actrice se souvient d’une femme davantage préoccupée par les hommes que par son éducation. Cette cohabitation s’est avérée destructrice pour la jeune fille. Lola considère cette période comme plus douloureuse que la mort de son père.

Les difficultés financières ont aggravé la situation. Patrick Dewaere avait laissé d’importantes dettes, notamment fiscales. Peu après sa sortie de l’hôpital, où elle se rétablissait d’un grave accident automobile, la mère de Lola lui annonce que des huissiers vont les expulser. Cette menace d’homelessness crée un trauma profond et durable. Cette peur de perdre un toit devient un cauchemar récurrent. Pour s’en échapper, Lola enchaîne les petits emplois pendant sept ans avant de poursuivre son rêve artistique.

En 2005, l’actrice prend une décision définitive : elle coupe le contact avec sa mère après vingt ans de silence progressif. Elle interrompt également les relations avec sa famille paternelle, dont la grand-mère tenait sa mère responsable de la mort du père. Malgré cette rupture, Lola continue à envoyer de l’argent à sa mère pour assurer ses besoins matériels. Cette dualité reflète la complexité de leurs relations blessées.

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Les conséquences de cette enfance troublée persistent. Diagnostiquée TDAH, Lola souffre d’angoisses chroniques. Son rapport à l’argent reste problématique : bien que récompensée professionnellement, notamment nommée au César en 2013, elle affirme que gagner de l’argent la met mal à l’aise. Elle demeure locataire modestement à Paris. Cette richesse financière la tourmente et elle cherche à s’en débarrasser au plus tôt.

À quarante-six ans, célibataire depuis sa rupture récente, Lola Dewaere exclut catégoriquement la maternité. Donner la vie provoque chez elle une peur viscérale. Elle considère que trop de souffrance a entouré sa propre enfance pour qu’elle puisse offrir une existence stable à un enfant. Elle voit aussi le suicide de son père comme un abandon ultime, un acte dont elle se sent partiellement responsable. En se protégeant ainsi, elle cherche à construire enfin le bonheur qui lui a échappé.

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