
Écrit par Romain Mazzotti
Sara Forestier a récemment accordé une interview à Libération pour évoquer une période extrêmement difficile de son existence. Un tournage traumatisant en 2017 a marqué le début de son effondrement personnel. Lors du film Bonhomme, une altercation avec son partenaire Nicolas Duvauchelle a provoqué son remplacement. Cet incident a déclenché une spirale de malheurs dont elle ne s’est remise que progressivement.
La situation s’est aggravée lorsque Sara Forestier a traversé une grossesse extra-utérine, événement qui s’est superposé à ce traumatisme professionnel. Elle décrit ce moment comme un véritable effondrement, tant physique que psychologique. Elle a perdu pied face aux défis qui s’accumulaient. Cette conjonction d’événements l’a poussée à prendre une décision radicale : fuir Paris pour se réfugier en Ardèche, région où elle réside toujours aujourd’hui.
En Ardèche, Sara Forestier a choisi une forme d’isolement volontaire et extrême. Elle a abandonné téléphone et carte bancaire pour une rupture totale. Elle a connu la précarité véritable : autostop, comptage obsessionnel de chaque euro, achat de produits bon marché. Cependant, elle refuse de transformer cette expérience en récit héroïque. Elle la nomme simplement pour ce qu’elle était : une période difficile et inconfortable qu’elle a endurée sans romantisme.
Cette épreuve était directement liée à sa prise de parole publique contre son agresseur présumé. Dénoncer les violences lui a coûté sa carrière temporairement. Les projets cinématographiques ont disparu, ses revenus se sont taris, et elle s’est retrouvée endettée. Malgré ce prix considérable, elle n’a jamais regretté d’avoir parlé. Elle a accepté les conséquences en pleine connaissance de cause, refusant de rester silencieuse.
Lire aussi : Tony Parker : 15 ans après son divorce avec Eva Longoria, il se confie sur leur lien actuelEn 2024, Sara Forestier a effectué son retour au cinéma avec le film Trois Amies d’Emmanuel Mouret. Ce retour discret l’a réconciliée avec le cinéma, non avec l’industrie. La même année, elle a témoigné devant la commission d’enquête sur les violences dans le cinéma, moment qu’elle a vécu comme libérateur. Aujourd’hui, elle continue sa vie en Ardèche, loin des projecteurs, avec cette parole qu’elle a refusé de taire.










